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Situation historique et sociale
A l’époque romantique, on a un profond malaise dû à la situation politique et à l’accélération de l’histoire entre 1789 et 1848, d’où le sentiment d’être impuissant à modifier le cours des choses, le sentiment du déclin, de la fin des choses.
I. Engagement politique
Longtemps, les romantiques français ont peu parlé de politique dans leurs œuvres, comme si le sujet n’était pas digne de leur art. Il faut attendre la chute de Napoléon, la Restauration, puis la révolution ratée de 1830 pour que les romantisques prennent des positions importantes dans la politique ; c’est donc dire que le contexte historique a eu un effet important sur le mouvement romantique. En revanche, si la plupart des romantiques français sont restés indifférents aux débats politiques,ce n’est pas le cas de Hugo et de Lamartine. Hugo s’est en effet préoccupé du sort de la Grèce et de celui de la Pologne, alors que, pour la France, ses sympathies ont longtemps été du côté de la monarchie régnante. Lamartine, lui, est devenu maire de Mâcon dès 1812, et son engagement social a été de plus en plus vif à partir de 1837. En 1848, pendant une période particulièrement mouvementée de l’histoire française, Lamartine a même été ministre des affaires étrangères.
II. Engagement social
C’est surtout chez Hugo que les préoccupations sociales se sont exprimées avec vigueur. Mais des poèmes comme "Souvenir de la nuit du quatre" et des recueils comme Les châtiments ou L’année terrible comptent parmi les œuvres les plus puissantes et les plus dignes de toute la poésie française, ce qui rachète amplement l’intérêt tardif que les romantiques français, longtemps pris par leurs rêveries, ont eu pour les affaires de ce monde. L’homme "engagé" est la deuxième face du même homme. Cela se manifeste par :
le culte de la passion, comme source d’énergie,
un idéal qui peut être humanitaire, religieux, patriotique,
la passion de la liberté. (Les romantiques ont souvent combattu dans les mouvements nationalistes de résistance à l’oppression),
le sens d’une mission sociale à accomplir.
Le poète doit guider le peuple : certains écrivains, Hugo ou Lamartine, par exemple, prêchent un idéal de pitié pour les humbles, les victimes de la société, et une large et fraternelle humanité.
Pour conclure
Le Romantisme est un engagement social et politique. Chez presque tous, il se manifeste par un esprit de révolte, politique ou sociale. Ils compatissent aux misères que le machinisme naissant et la migration des travailleurs vers les grandes villes entraînent pour les ouvriers. Le Romantisme peut sans doute se définir dans la recherche d’un ailleurs, ailleurs spirituel, ailleurs politique, utopie, et paradoxalement le désir d’être de son époque, animé par une critique de la modernité naissante : sans doute ce désir d’être de leur temps et cette volonté d’être originaux, ou de chercher à l’être, comptent en effet parmi les traits de ce mouvement multiforme qu’a été le romantisme.